Responsabilité et consentement : des piliers non négociables
Le consentement éclairé : formalités et réalités quotidiennes
Le vétérinaire ne peut procéder à une euthanasie sans recueillir l’accord clair et explicite du propriétaire (ou de son représentant légal). Ce consentement doit idéalement être recueilli par écrit, afin de prévenir tout litige futur. La réalité pratique montre cependant que de nombreux confrères se contentent parfois d’un accord verbal, notamment en contexte d’urgence ou lorsque la souffrance animale est manifeste.
Le modèle recommandé est le suivant :
- Informer précisément sur la situation de l’animal, le pronostic, les alternatives possibles et la finalité de l’acte.
- Établir un formulaire ou acte de consentement signé.
- Respecter la volonté du propriétaire, sauf cas de nécessité absolue (animal errant, souffrance majeure sans propriétaire, ordre de service public…)
Juridiquement, l’absence de consentement ou un consentement mal formulé peut exposer à des poursuites pour « destruction illégale de bien d’autrui », le Code civil considérant toujours l’animal comme « un bien » à certains égards, malgré l’évolution de son statut vers celui d’« être vivant doué de sensibilité » (article 515-14 du Code civil, réforme de 2015).
La notion de nécessité médicale
Le vétérinaire demeure souverain dans la justification de la nécessité médicale de l’euthanasie. Sa responsabilité est directe si l’acte était injustifié, trop précoce ou non conforme à l’intérêt de l’animal. La contre-expertise médicale est de plus en plus fréquente en cas de désaccords entre copropriétaires, associations ou tiers protecteurs (source : Merck, Maunder et al., 2021).