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Vieillir avec son animal : les examens vétérinaires au service des chiens et chats seniors

5 mars 2026

L’avancée en âge chez les chiens et chats s’accompagne de changements physiques et comportementaux, qui demandent une attention vétérinaire particulière. Pour détecter précocement maladies chroniques, cancers, troubles métaboliques ou signes de douleur, différents examens et bilans de santé sont recommandés dès l’âge dit « senior », généralement autour de 7 ans pour la plupart des animaux. Ces évaluations incluent :
  • Bilan sanguin et urinaire pour dépistage des maladies rénales, hépatiques, hormonales ou métaboliques
  • Imagerie (radiographie, échographie) pour surveiller articulations, organes internes, ou détecter tumeurs
  • Examen dentaire approfondi car les problèmes bucco-dentaires sont fréquents avec l’âge
  • Évaluation des fonctions cognitives et comportementales afin de repérer les signes précoces de troubles cognitifs
  • Contrôles spécifiques (pression artérielle, électrocardiogramme) notamment chez les races ou espèces prédisposées
Ce suivi rapproché permet d’optimiser la qualité de vie et l’espérance de vie des animaux âgés, tout en accompagnant les familles dans leurs choix pour leur compagnon.

Pourquoi un suivi spécifique pour les animaux âgés ?

Comme pour l’humain, l’âge avancé n’est pas une maladie en soi, mais il en favorise l’apparition. Les pathologies dégénératives, métaboliques ou tumorales progressent plus lentement et plus silencieusement chez l’animal âgé. Une étude de 2022 menée par l’Ordre National des Vétérinaires indique que près d’un animal domestique sur deux, passé dix ans, présente une affection chronique nécessitant un suivi régulier (Ordre National des Vétérinaires). Plus les consultations de dépistage sont structurées et précoces, plus les chances d’améliorer longévité, confort et autonomie sont grandes.

Chez VetFuturs France en Action, nous considérons ce suivi comme un acte militant du « bien vieillir » animal. Il s’agit non seulement de soigner, mais d’anticiper, d’accompagner les familles et de déstigmatiser certaines pathologies inhérentes à l’âge.

Les bilans biologique et urinaire : la pierre angulaire du dépistage

Le bilan sanguin et urinaire annuel (ou biannuel pour les sujets fragiles) s’impose comme la base du suivi senior. Il permet :

  • d’identifier précocement les affections rénales, hépatiques, pancréatiques ou endocriniennes (diabète, hypothyroïdie, hyperthyroïdie chez le chat, maladie de Cushing chez le chien…)
  • de surveiller l’apparition d’anémies, d’inflammations chroniques ou de déséquilibres électrolytiques
  • d’ajuster alimentation et traitements si nécessaire

Selon l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire), 30 % des chats et 10 % des chiens de plus de 10 ans développent une maladie rénale chronique (ANSES). Or, ces troubles avancent silencieusement. Les marqueurs biochimiques sanguins (créatinine, urée, SDMA) et urinaires (protéinurie, densité urinaire) sont autant de sentinelles à surveiller. Cette démarche permet aussi de faire le point sur l’état d’hydratation, la tolérance aux médicaments ou la stabilité de maladies déjà diagnostiquées.

Imagerie médicale : radiographie, échographie et au-delà

L’imagerie prend une importance croissante avec l’âge, car certains processus – arthrose, tumeurs internes, affections pulmonaires ou digestives – peuvent passer inaperçus lors d’un simple examen clinique.

  • Radiographies : essentielle pour évaluer l’état des articulations (arthrose, dysplasies), de la colonne vertébrale (spondylose, hernies) ou détecter des masses abdominales ou thoraciques.
  • Échographie abdominale : recommandée à partir de 8 ans pour rechercher tumeurs des organes, maladies de la prostate, anomalies de la vessie ou des reins.
  • Échocardiographie : conseillée chez les races à risque de maladies cardiaques (Cavalier King Charles, Maine Coon…). Selon l’Association Américaine de Médecine Vétérinaire Interne (ACVIM), environ 10 % des chiens âgés développeront une insuffisance cardiaque (ACVIM).

Certains vétérinaires peuvent aussi recommander scanner ou IRM face à des symptômes neurologiques ou troubles locomoteurs inexpliqués, en particulier chez le chat âgé dont les cancers cérébraux sont souvent tardivement diagnostiqués.

Examen dentaire : l’ennemi caché du bien-être senior

La maladie parodontale touche la majorité des animaux domestiques dès la maturité, soit environ 70 % des chiens et 80 % des chats de plus de 5 ans selon l’AFVAC (AFVAC). Or, douleurs, infections, mauvaise haleine ou perte d’appétit peuvent être directement dues à des lésions dentaires non identifiées.

  • Examen dentaire complet sous anesthésie : seule solution pour évaluer la totalité de la bouche, détartrer, extraire les dents abîmées et prévenir infections secondaires.
  • Inspection systématique à chaque visite, même sans anesthésie, pour repérer abcès, masses, fractures ou déchaussements précoces.

L’impact du soin bucco-dentaire sur la santé globale est désormais bien documenté. L’infection chronique de la bouche est souvent liée à une aggravation de l’insuffisance rénale ou cardiaque chez l’animal senior.

Dépistage des troubles cognitifs, sensoriels et comportementaux

Avec l’âge, les capacités cognitives et la vivacité comportementale de l’animal peuvent s’altérer. Le syndrome de dysfonction cognitive du chien ou du chat, souvent comparé à la maladie d’Alzheimer, concerne jusqu’à 25 % des chiens de plus de 10 ans selon l’International Society for Companion Animal Infectious Diseases (ISCAID).

Les vétérinaires s’appuient sur des questionnaires comportementaux validés, des tests d’interaction et d’orientation dans l’environnement, mais aussi sur l’écoute attentive des témoignages des familles :

  • Troubles du sommeil, désorientation, perte de propreté, modification de l’appétit ou de l’activité sociale sont des signaux à ne pas sous-estimer
  • Examen neurologique pour explorer des pistes comme les AVC, tumeurs cérébrales, ou épilepsies de début tardif
  • Conseil sur l’enrichissement de l’environnement et des stratégies alimentaires adaptées

Examens « de routine » adaptés : pression artérielle, mesure du poids, et plus encore

À chaque suivi gériatrique, certains points deviennent incontournables :

  • Mesure de la pression artérielle, essentielle chez le chat âgé souvent sujet à l’hypertension, pouvant mener à des risques oculaires, cérébraux ou rénaux. L’European Society of Veterinary Cardiology rapporte que plus de 20 % des chats de plus de 10 ans sont concernés (ESVC).
  • Pesée précise pour surveiller amaigrissement, fonte musculaire ou, à l’inverse, prise de poids liée à des troubles hormonaux
  • Palpation abdominale, contrôle du pelage et de la peau (nœuds, masses, plaies, parasites)
  • Examen des yeux (cataracte, sécheresse oculaire, glaucome) et des oreilles (surdité, otites chroniques)

Des examens complémentaires – tels que l’électrocardiogramme, les tests de la fonction thyroïdienne ou des recherches d’arthrose par des tests fonctionnels – sont décidés au cas par cas en fonction des antécédents ou de la race.

Comment s’organiser pour un suivi vétérinaire réussi ?

La fréquence des visites et des examens n’est pas figée : elle doit s’individualiser selon l’âge, l’historique, la race, la taille de l’animal et surtout les attentes de la famille. Au minimum, une visite annuelle approfondie est recommandée dès la « séniorité » (environ 7 ans pour un chien ou un chat de taille moyenne), mais tous les 6 mois chez les races prédisposées, les patients déjà malades ou ceux dont l’état varie rapidement.

L’accompagnement sur mesure, l’écoute des signaux faibles par les familles et la collaboration entre clinique et domicile sont la clef d’un suivi efficace. Les vétérinaires encouragent aussi à tenir un « cahier de vie » animal (poids, appétit, sorties, incidents, traitements en cours…), précieux pour détecter rapidement malaise ou altération de l’état général.

Favoriser le dialogue, adapter les soins : une responsabilité partagée

Choisir d’accompagner son animal sur le chemin du grand âge, c’est aussi accepter le dialogue et parfois la remise en question – des traitements, du mode de vie, voire des décisions à prendre lorsque la qualité de vie s’altère. Plus les familles sont informées, plus leur capacité à participer sans anxiété aux choix médicaux est grande.

  • Les informations scientifiques actualisées sont essentielles : le vétérinaire a le devoir éthique de transparence, mais aussi de pédagogie sur l’utilité des examens proposés
  • L’enjeu n’est pas de médicaliser à outrance mais de personnaliser, d’ouvrir le débat sur le sens des soins au fil de la vieillesse animale
  • Le bien-être de l’animal, l’éthique et l’accompagnement des familles, sont au centre de notre engagement

Le suivi spécifique vétérinaire des chiens et chats âgés ne se limite pas à un rituel médicalisé : il s’agit d’un dialogue et d’un partenariat, pour qu’ensemble, animal, famille et soignant, avancions vers un « bien vieillir » respectueux — plus digne, et mieux informé, pour chaque être vivant sous notre responsabilité.

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