L’écologie, moteur de nouvelles pratiques et de remises en question
Un contexte d’émergence de nouveaux risques
Les conséquences du réchauffement climatique sont tangibles en pratique vétérinaire : expansion de la leishmaniose vers le nord (Santé publique France, 2021), développement de la fièvre catarrhale ovine en France métropolitaine, apparition d’espèces invasives néfastes comme les tiques Hyalomma. Ce basculement s’accompagne de l’émergence de zoonoses et de stress nouveaux pour des filières pourtant jugées robustes jusque récemment.
- Multiplication des cas de dirofilariose canine dans le sud-ouest
- Allongement de la saison vectorielle de la maladie de Lyme (ANSES, 2022)
- Augmentation des troubles de reproduction liés aux pics de chaleur chez les bovins (INRAE)
Ce contexte force le secteur vétérinaire à repenser l’approche des soins, de la surveillance épidémiologique et du conseil aux propriétaires et éleveurs.
Élevage et environnement : la place du vétérinaire repensée
Face à une opinion publique de plus en plus attentive à l’impact écologique de l’élevage (près de 45% des Français déclarent que la transition écologique devra passer par des changements majeurs de la production animale, selon OpinionWay/CIWF 2022), le vétérinaire devient un expert sollicité pour accompagner ces évolutions. Ses prérogatives traditionnelles — protection sanitaire, conseils zootechniques, prescription — s’élargissent vers :
- L’aide à la réduction de l’empreinte environnementale des exploitations (gestion du fumier, limitation des antibiotiques, choix d'alimentation animale, etc.)
- La promotion du bien-être animal, de l’optimisation des pratiques de transport ou d’abattage
- La sensibilisation à l’importance de la biodiversité autour des élevages
Certains cabinets vétérinaires s’engagent même dans des démarches de diagnostic environnemental des exploitations, intégrant la santé des écosystèmes dans leur expertise (voir l’initiative « Vétérinaires en transition », Aves France).