Panorama des voies d’accès aux écoles vétérinaires
Les modes de recrutement dans les ENV ont été repensés ces vingt dernières années pour répondre à plusieurs défis : manque de vétérinaires ruraux, évolution des profils recherchés, démocratisation du concours, et besoin de créer des ponts avec d’autres disciplines scientifiques. Aujourd’hui, quatre grands concours d’entrée coexistent, auxquels s’ajoutent des modalités spécifiques (titulaires d’un titre étranger, doctorants, etc.).
A. La voie “prépa BCPST” (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre)
- Profil d’entrée : Après un bac général, spécialités scientifiques (parcours très majoritaire)
- Concours A : Après 2 années de classe préparatoire BCPST (filière dite “véto-agro”) dans des lycées publics ou privés sous contrat
- Nature : Épreuves écrites (printemps) puis orales pour les admissibles (début d’été)
Historiquement, cette voie concentrait la quasi-totalité des admissions. En 2023, le concours A représentait 57 % des entrées dans les ENV (source : concours vétérinaire, Ministère de l’Agriculture). On y retrouve une forte proportion d’étudiants issus de milieux favorisés et bons “scolaires”, même si la diversification s’améliore.
B. La voie “post-bac” via Parcoursup : le Concours Post-Baccalauréat (concours ENV B)
- Lancement officiel : 2021, pour démocratiser le recrutement
- Profil d’entrée : Bacheliers généraux avec spécialités scientifiques, très bon dossier scolaire
- Processus : Sélection sur dossier (notes, appréciations, motivation), puis épreuves orales pour les admissibles
- Capacité : 160 places en 2024 réparties entre les 4 ENV sur un total d’environ 640 places (source : VetoSup, Ministère)
Le concours post-bac offre un accès direct aux ENV sans passer par la “voie royale” des CPGE. Il vise notamment à élargir la sociologie des étudiants vétérinaires et à repérer des talents précoces, bien que la compétition reste très forte (plus de 3 000 candidatures pour 160 places en 2024).
C. La voie “Licence” ou “Université” (Concours B ENV)
- Profil : Étudiants titulaires d’au moins deux années validées dans le cycle Licence scientifique (notamment en biologie, sciences de la vie, chimie…)
- Processus : Sélection sur résultats de L2/L3 + épreuves spécifiques (oral ou écrit selon l’école), puis intégration directe en première année vétérinaire
- Volume : Environ 30 % des admis (en 2023) empruntent ce parcours
Cette voie valorise les profils universitaires, souvent plus âgés, issus de parcours diversifiés, parfois en reconversion. Elle participe à l’élargissement des horizons de la profession, en intégrant des parcours moins linéaires et en favorisant la transversalité.
D. Les voies “Agros” et “Technologiques” (Concours C et D ENV)
- Concours C ENV : étudiants ayant suivi une prépa “Technologique TB” (technologie et biologie) accessible après bac technologique STL/STAV ; une voie minoritaire mais réelle passerelle pour les bacheliers techno-scientifiques.
- Concours D ENV : pour élèves-ingénieurs issus d’écoles agronomiques habilitées (AgroParisTech, etc.), ou titulaires de certains diplômes dans le domaine agronomique ou vétérinaire étranger.
Ces voies répondent à la volonté d’ouvrir le métier à des candidats aux compétences complémentaires : agriculture, biosciences, management, innovation, permettant des perspectives de carrières élargies (santé publique, industries, recherche…)
E. L’admission des diplômés étrangers
Une procédure d’équivalence permet à certains diplômés vétérinaires étrangers (Union Européenne ou pays tiers reconnus) d’exercer après validation de compétences et un stage d’adaptation. Le nombre est limité, mais leur présence contribue à l’ouverture internationale de la profession.