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VetAgro Sup : Un acteur engagé et singulier de la formation vétérinaire

3 décembre 2025

Le regard sur VetAgro Sup, reflet d’une profession en transformation

Située à Marcy-l’Étoile, dans la périphérie lyonnaise, VetAgro Sup fait partie de ces établissements qui façonnent silencieusement, mais durablement, la profession vétérinaire française. Alors que la formation vétérinaire est depuis toujours un pilier essentiel de la santé animale, publique et environnementale, la place de VetAgro Sup s’inscrit à la fois dans l’héritage, l’innovation et la projection vers les défis qui attendent les vétérinaires. Mais que sait-on réellement de l’école lyonnaise ? Quelles spécificités propose-t-elle ? À quels enjeux actuels et futurs répond-elle ?

Une histoire singulière au sein du paysage vétérinaire français

La formation vétérinaire en France repose sur un modèle historique unique, avec quatre écoles nationales vétérinaires (ENV) publiques : Alfort, Lyon (VetAgro Sup), Toulouse et Nantes. VetAgro Sup est née en 2010 de la fusion de l’École Nationale Vétérinaire de Lyon (fondée dès 1761, pionnière mondiale), de l’École Nationale d’Ingénieurs des Travaux Agricoles de Clermont-Ferrand et de l’École Nationale des Services Vétérinaires. Ainsi, VetAgro Sup perpétue une longue tradition : la première école vétérinaire au monde a vu le jour à Lyon, sous l’impulsion de Claude Bourgelat, pour répondre aux grandes crises épizootiques du XVIIIe siècle. Cette dimension historique est loin d’être anodine pour les étudiants et les enseignants, imprégnant la culture de l’établissement.

  • Une école inscrite dès ses origines dans l’histoire mondiale de la médecine vétérinaire
  • La fusion en 2010, une réponse aux nouveaux enjeux de pluridisciplinarité et d’ouverture
  • Des campus répartis entre Marcy-l’Étoile, Lempdes (Agronomie) et Clermont-Ferrand (ingénierie)

Un modèle pédagogique à la croisée des disciplines

Ce qui distingue aujourd’hui VetAgro Sup, c’est son projet pédagogique repose sur une transversalité affirmée entre santé animale, santé publique, agronomie et sciences de l’environnement. L’école revendique, dès le recrutement post-prépa (concours A, B, C, D), une ouverture à des profils variés, ce qui influe sur la dynamique de promotion.

Les chiffres-clés de VetAgro Sup

  • Plus de 500 étudiants vétérinaires en cycle complet chaque année (Source : VetAgro Sup)
  • Environ 130 diplômés vétérinaires par an (promotion 2023)
  • Près de 100 enseignants-chercheurs titulaires côté section vétérinaire, auxquels s’ajoutent praticiens et intervenants extérieurs
  • Un taux d’insertion proche de 100% à la sortie, avec une diversité de débouchés (pratique rurale, canine, santé publique, recherche, inspection…)

Des formations axées sur la pluridisciplinarité et le « One Health »

L’originalité de VetAgro Sup réside dans l’intégration forte de la philosophie « One Health » (« Une seule santé »), croisant santé animale, humaine et environnementale – une approche aujourd’hui incontournable.

  • Projets transversaux entre vétérinaires, agronomes, ingénieurs, pour décloisonner les savoirs
  • Enseignements mutualisés sur les grandes problématiques sanitaires émergentes (zoonoses, antibiorésistance, biosécurité, sécurité alimentaire, bien-être animal…)
  • Ouverture renforcée vers les enjeux de santé publique, sous l’impulsion de l’ANSES, de l’OIE/WOAH et du ministère de l’Agriculture

Ce positionnement est d’autant plus pertinent que les crises récentes (Covid-19, grippe aviaire, PPA, résistance aux antimicrobiens) ont confirmé l’importance du regard large des vétérinaires sur le Vivant.

L’accès à des structures hospitalières et cliniques de pointe

VetAgro Sup dispose de plusieurs infrastructures qui font sa réputation, en particulier l’Hôpital Vétérinaire Universitaire de Lyon (HVU). Cet hôpital pédagogique, ouvert au public, est un terrain unique de formation, indispensable pour développer les compétences cliniques et relationnelles des futurs praticiens.

  • HVU : plus de 45 000 actes médicaux vétérinaires chaque année (toutes espèces confondues)
  • Présence de plateaux techniques spécialisés (uro-néphrologie, imagerie, chirurgie mini-invasive…)
  • Accueil de cas référés, permettant d’acquérir l’approche du diagnostic complexe et du travail d’équipe multidisciplinaire

À travers ses différents services (animaux de compagnie, équins, animaux de rente, NAC), l’hôpital est non seulement un lieu de soins et de recherche, mais aussi un carrefour d’échanges avec les vétérinaires de terrain, les éleveurs et les propriétaires.

Un ancrage fort dans la recherche et l’innovation

Si la pratique clinique est fondamentale, la capacité de VetAgro Sup à générer de nouveaux savoirs est tout aussi déterminante. L’établissement est impliqué dans plusieurs unités mixtes de recherche reconnues à l’échelle nationale et internationale (INRAE, CNRS, INSERM).

  • Thématiques de recherche phares : maladies infectieuses émergentes, épidémiologie, médecine de précision, sécurité sanitaire alimentaire, santé et bien-être animal
  • Participation à de nombreux projets européens (Horizon Europe, One Health European Joint Programme...)
  • Partenariats actifs avec l’industrie pharmaceutique et biotechnologique, startup, pôles de compétitivité locaux (Lyonbiopôle)

Le développement de l’innovation pédagogique est aussi une priorité : simulation numérique, e-learning, plateformes immersives, modalités d’évaluation par compétences (OSCE).

Une ouverture sur le monde, la société, et la diversité professionnelle

L’une des forces de VetAgro Sup est sa stratégie d’ouverture, tant à l’international (partenariats avec plus de 100 universités dans 35 pays, mobilité sortante/entrante croissante) que sur le territoire. Une caractéristique devenue déterminante : 45% des étudiants vétérinaires ont effectué un stage ou un semestre à l’étranger sur les trois dernières promotions (Source : VetAgro Sup).

  • Accueil de nombreux étudiants étrangers par le biais de conventions et de réseaux comme l’Association Européenne des Établissements d’Enseignement Vétérinaire (EAEVE)
  • Une politique volontariste sur l’égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations et le harcèlement, la diversité sociale (programme “Cordées de la réussite” pour l’orientation)
  • Actions de sensibilisation à l’engagement citoyen : bien-être animal, éthique du soin, lien au territoire

La question de l’ancrage territorial mérite d’être soulignée : VetAgro Sup bénéficie d’une forte intégration dans le tissu agricole du Massif central, un atout pour la formation à la médecine rurale, souvent déficitaire ailleurs. La variété des terrains cliniques (élevages, laboratoires, fermes expérimentales, refuges, etc.) expose les étudiants à la réalité des métiers, loin de la caricature urbaine parfois persistante.

Quels défis et perspectives pour VetAgro Sup ?

À l’image de toute la formation vétérinaire française, VetAgro Sup est confrontée à des enjeux majeurs : attractivité du métier, féminisation accrue (près de 80% de femmes à l’entrée), évolution des attentes des étudiants, nécessité écologique, crises sanitaires récurrentes. Mais l’école fait également face à des tensions spécifiques : forte demande d’accueil (sélectivité accrue, records d’inscriptions concours A et B en 2023), vétusté de certaines infrastructures, ajustement aux nouvelles recommandations européennes (ESEVT/EAEVE), impératif d’adaptation des formations aux nouveaux métiers vétérinaires (télémédecine, bien-être animal, gestion du stress professionnel…).

  • Renforcement des modules transversaux (santé publique, gestion de crise, aptitudes relationnelles, législation vétérinaire…)
  • Partenariat accru avec les vétérinaires praticiens de terrain, pour une meilleure connaissance des réalités du métier
  • Expérimentations pédagogiques en cours : "student-centered learning", tutorat renforcé, dispositifs d’aide psychologique

VetAgro Sup dans le paysage français : entre héritage et avenir

La place de VetAgro Sup dans la formation vétérinaire repose sur une identité forte, mêlant tradition et innovation, et sur un ancrage territorial et sociétal revendiqué. Son modèle pédagogique, ses plateaux techniques et son ouverture sur les enjeux contemporains (One Health, transition écologique, détresse professionnelle) font de cette école un acteur clé du renouvellement du métier.

Les débats sur les évolutions de la formation vétérinaire (ouverture à de nouvelles écoles, diversification du recrutement, refonte du cursus) devront associer l’ensemble des acteurs – étudiants, praticiens, enseignants – et s’inspirer de ces expériences de terrain. VetAgro Sup, par sa place historique et son rôle moteur dans la réflexion, est appelée à rester un laboratoire d’idées et d’expérimentations pour une profession en pleine transition.

Pour aller plus loin : site officiel VetAgro Sup ; Ordre National des Vétérinaires ; EAEVE.

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