Un métier passion, un métier sous pression : état des lieux préoccupant
Le métier vétérinaire attire, fascine, et pourtant derrière cette image idéalisée se cache une réalité plus contrastée, celle d’une profession à haut risque d’épuisement. Plusieurs études récentes l’attestent : en 2022, près de 53 % des vétérinaires en France déclaraient avoir déjà ressenti les signes d’un burn-out, contre 35 % en 2016 (source : Association Vétérinaires pour la santé – enquête 2022). Les facteurs sont multiples : charge de travail exponentielle, horaires extensibles, pressions économiques, attentes de la clientèle, lourdeur administrative, et exposition répétée à des situations émotionnelles difficiles, qu’il s’agisse d’euthanasies, de maltraitance animale ou d’incidents litigieux.
La France ne fait pas figure d’exception : selon le World Small Animal Veterinary Association (WSAVA), le taux de suicide chez les vétérinaires serait jusqu’à 3 à 4 fois supérieur à la moyenne nationale, un chiffre qui interpelle et impose une mobilisation collective. Mais l’épuisement ne se limite pas aux extrêmes : désengagement, sentiment d’inefficacité, troubles du sommeil, irritabilité, consommation accrue de psychotropes… les symptômes sont nombreux, souvent insidieux, et touchent aussi bien les praticiens en structures indépendantes que ceux en clinique de groupe ou en secteur public.
Face à cet enjeu, il est urgent d’explorer les leviers de prévention, pour que la passion du métier ne se transforme pas en piège silencieux.